
L’intensification et la fréquence accrue des aléas climatiques exercent une pression croissante sur les mécanismes d’assurance et de réassurance. En 2023, les sinistres climatiques ont coûté 6,5 milliards d’euros en France, faisant de cette année la troisième plus coûteuse pour le secteur. Selon les projections de la Caisse Centrale de Réassurance, l'évolution des catastrophes naturelles à horizon 2050 pourrait augmenter de +27 à +62 % du fait de l’aléa seul, selon les scénarios RCP, voire de 47 % à 85 % en intégrant l'évolution des biens assurés. Au-delà de l’augmentation de la probabilité d’occurrence du risque, la concentration croissante des richesses exacerbe l’ampleur des pertes potentielles, remettant en question la viabilité même de certains mécanismes d’assurance et de réassurance. Face à des aléas climatiques de plus en plus systémiques et corrélés, certains principes assurantielles clés, comme la mutualisation et la diversification sont mis à l’épreuve, posant la question des conditions de fonctionnement d’un outil de financement historiquement fondé sur la dispersion des sinistres.